{"id":7199,"date":"2017-12-16T12:58:24","date_gmt":"2017-12-16T11:58:24","guid":{"rendered":"http:\/\/www.grandesterresbio.com\/?p=7199"},"modified":"2017-12-15T13:02:08","modified_gmt":"2017-12-15T12:02:08","slug":"perturbateurs-endocriniens-aux-usa-la-facture-savere-tres-lourde","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/claire-jannot.com\/?p=7199","title":{"rendered":"Perturbateurs endocriniens aux USA : la facture s&rsquo;av\u00e8re tr\u00e8s lourde"},"content":{"rendered":"<h2>Environ 340 milliards de dollars (308 milliards d\u2019euros) par an : le chiffre est si faramineux qu\u2019il soul\u00e8ve n\u00e9cessairement le scepticisme. Pourtant, \u00e0 en croire l\u2019analyse conduite par des chercheurs am\u00e9ricains et publi\u00e9e mardi 18 octobre dans la revue The Lancet Diabetes and Endocrinology, il ne s\u2019agit pas d\u2019une exag\u00e9ration mais plut\u00f4t d\u2019une sous-estimation du co\u00fbt \u00e9conomique annuel, aux Etats-Unis, des d\u00e9g\u00e2ts sanitaires (ob\u00e9sit\u00e9, diab\u00e8te, troubles de la fertilit\u00e9, troubles neuro-comportementaux, etc.) attribuables aux perturbateurs endocriniens (PE).<\/h2>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.grandesterresbio.com\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/pertu.png\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft  wp-image-7202\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.grandesterresbio.com\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/pertu.png?resize=340%2C495\" alt=\"\" width=\"340\" height=\"495\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/claire-jannot.com\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/pertu.png?w=549&amp;ssl=1 549w, https:\/\/i0.wp.com\/claire-jannot.com\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/pertu.png?resize=206%2C300&amp;ssl=1 206w\" sizes=\"auto, (max-width: 340px) 100vw, 340px\" \/><\/a>Les PE sont une cat\u00e9gorie de mol\u00e9cules (bisph\u00e9nols, dioxines, phtalates, etc.) interf\u00e9rant avec le syst\u00e8me hormonal et pr\u00e9sentes dans de nombreux pesticides, solvants et plastiques<\/strong>, dans certains cosm\u00e9tiques ou conditionnements alimentaires. Certains peuvent produire des effets d\u00e9l\u00e9t\u00e8res \u00e0 de faibles niveaux d\u2019exposition.<\/p>\n<p>Ceux-ci sont variables. Une analyse semblable, conduite sur la population europ\u00e9enne, avait conclu \u00e0 un co\u00fbt environ deux fois moindre : <strong>environ 157 milliards d\u2019euros.<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab Ces estimations sont bas\u00e9es sur des \u00e9l\u00e9ments de preuve qui s\u2019accumulent rapidement gr\u00e2ce \u00e0 des \u00e9tudes conduites en laboratoire ou sur les humains, et qui montrent l\u2019association entre l\u2019exposition \u00e0 ces substances et une vari\u00e9t\u00e9 d\u2019effets d\u00e9l\u00e9t\u00e8res\u00a0\u00bb, explique Leonardo Trasande, professeur associ\u00e9 \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de New York et co-auteur de ces travaux.<\/p>\n<p>Ces diff\u00e9rences importantes entre les Etats-Unis et l\u2019Europe sont principalement dues \u00e0 des <strong>diff\u00e9rences de r\u00e9glementation<\/strong>, qui conduisent \u00e0 des niveaux d\u2019exposition des populations sensiblement diff\u00e9rents pour certaines substances.<\/p>\n<p>Pr\u00e9sents jusque dans la cha\u00eene alimentaire : Pour mener leur \u00e9tude, les chercheurs ont utilis\u00e9 des donn\u00e9es d\u2019exposition de la population am\u00e9ricaine aux PE en question. Ils ont ensuite crois\u00e9 ces donn\u00e9es avec les r\u00e9sultats d\u2019\u00e9tudes conduites en laboratoire et d\u2019enqu\u00eates \u00e9pid\u00e9miologiques montrant leurs effets sur les humains.<\/p>\n<p><strong>Des \u00e9tudes de qualit\u00e9 n\u2019\u00e9tant pas disponibles sur toutes les substances suspectes, \u00ab\u00a0[nous n\u2019avons] pris en compte qu\u2019environ 5\u00a0% des PE pr\u00e9sents sur le march\u00e9\u00a0\u00bb<\/strong>, pr\u00e9cise M. Trasande. De m\u00eame, les chercheurs n\u2019ont consid\u00e9r\u00e9 que les maladies et les troubles pour lesquels existent des preuves solides d\u2019un lien avec une exposition \u00e0 ces produits.<\/p>\n<p><strong>Selon l\u2019analyse, les substances les plus co\u00fbteuses en termes sanitaires sont les \u00ab\u00a0PBDE\u00a0\u00bb\u00a0 (polybromodiph\u00e9nyl-ethers), une classe d\u2019ignifugeants (ou \u00ab\u00a0retardateurs de flamme\u00a0\u00bb)<\/strong> massivement utilis\u00e9s outre Atlantique depuis plus de trente ans dans les meubles rembourr\u00e9s et l\u2019\u00e9lectronique.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui \u00e9troitement r\u00e9gul\u00e9s ou interdits, ils sont tr\u00e8s persistants dans l\u2019environnement et se retrouvent dans les poussi\u00e8res domestiques et jusque dans la cha\u00eene alimentaire. Ils causeraient des d\u00e9g\u00e2ts, \u00e0 hauteur de <strong>240\u00a0milliards de dollars annuels environ, aux Etats-Unis.<\/strong><\/p>\n<p>Ils sont suivis par les plastifiants <strong>\u00a8C bisph\u00e9nol A (BPA) et phtalates \u00a8C, pr\u00e9sents dans certains r\u00e9cipients alimentaires<\/strong>, dont le co\u00fbt sanitaire annuel serait de 56\u00a0milliards de dollars, puis par les pesticides (organophosphor\u00e9s notamment), pour quelque<strong> 42 milliards par an.<\/strong><\/p>\n<p>Erosion du QI : Quels sont les maladies et les troubles en jeu\u00a0? Ob\u00e9sit\u00e9 et diab\u00e8te (5 milliards de dollars annuels attribuables aux PE), troubles de l\u2019appareil reproducteur et infertilit\u00e9 (45 milliards de dollars) ou, surtout, les effets neurologiques et neuro-comportementaux qui se taillent la part du lion, avec un co\u00fbt de plus de 280 milliards de dollars par an. <strong>Une grande part de ce fardeau \u00e9tant d\u00fb \u00e0 l\u2019\u00e9rosion des capacit\u00e9s intellectuelles, calcul\u00e9es en points de quotient intellectuel (QI), des enfants expos\u00e9s in utero \u00e0 des PE ayant des effets nocifs sur le neuro-d\u00e9veloppement.<\/strong><\/p>\n<p>Comment \u00e9valuer le poids \u00e9conomique de cette perte d\u2019intelligence collective ? \u00ab La litt\u00e9rature scientifique documentant avec rigueur la perte de productivit\u00e9 \u00e9conomique provoqu\u00e9e par la perte de QI est substantielle, r\u00e9pond M. Trasande. Nous savons qu\u2019\u00e0 <strong>chaque point de QI perdu correspond une perte moyenne de 2 % de productivit\u00e9 \u00e9conomique sur l\u2019ensemble d\u2019une vie.<\/strong> A l\u2019\u00e9chelle d\u2019une population, c\u2019est tr\u00e8s important.\u00bb<\/p>\n<p>En substance, si certains des co\u00fbts mis au jour peuvent conduire \u00e0 une baisse du PIB, d\u2019autres peuvent se traduire, de mani\u00e8re paradoxale, par une hausse de l\u2019activit\u00e9. Derri\u00e8re un \u00ab co\u00fbt \u00bb peuvent en effet se cacher des ph\u00e9nom\u00e8nes disparates, comme une baisse de productivit\u00e9 \u00e9conomique, le d\u00e9veloppement de m\u00e9dicaments ou les frais de prise en charge m\u00e9dicale, etc. \u00ab Ce genre d\u2019interrogation a au moins un avantage collat\u00e9ral, conclut M. Grandjean. Cela montre clairement que le PIB n\u2019est pas un indicateur de bien-\u00eatre \u00bb<\/p>\n<h6>Source :\u00a0Le Monde Par St\u00e9phane Foucart<\/h6>\n<h6>Cr\u00e9dit photo : By Nathalie Ruaux &#8211; Own work, CC BY-SA 4.0, https:\/\/commons.wikimedia.org\/w\/index.php?curid=35832048<\/h6>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Environ 340 milliards de dollars (308 milliards d\u2019euros) par an : le chiffre est si faramineux qu\u2019il soul\u00e8ve n\u00e9cessairement le scepticisme. 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