{"id":7692,"date":"2020-05-11T10:17:08","date_gmt":"2020-05-11T09:17:08","guid":{"rendered":"http:\/\/claire-jannot.com\/?p=7692"},"modified":"2020-05-11T10:19:09","modified_gmt":"2020-05-11T09:19:09","slug":"james-ellroy-balzac-los-angeles-et-moi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/claire-jannot.com\/?p=7692","title":{"rendered":"James Ellroy: Balzac, Los Angeles et moi"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L&rsquo;\u00e9crivain am\u00e9ricain, qui vient de publier <strong>\u00ab\u00a0La Temp\u00eate qui vient\u00a0\u00bb<\/strong>, qui se d\u00e9roule apr\u00e8s Pearl Harbor dans une Am\u00e9rique en chaos, raciste, antis\u00e9mite et parano, terrifi\u00e9e par la pr\u00e9sence d&rsquo;une \u00ab cinqui\u00e8me colonne \u00bb ennemie.<\/h2>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/claire-jannot.com\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/800px-James_Ellroy_in_Toulouse_9023_-_January_2011-683x1024.jpg?resize=274%2C410&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-7693\" width=\"274\" height=\"410\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/claire-jannot.com\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/800px-James_Ellroy_in_Toulouse_9023_-_January_2011.jpg?resize=683%2C1024&amp;ssl=1 683w, https:\/\/i0.wp.com\/claire-jannot.com\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/800px-James_Ellroy_in_Toulouse_9023_-_January_2011.jpg?resize=200%2C300&amp;ssl=1 200w, https:\/\/i0.wp.com\/claire-jannot.com\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/800px-James_Ellroy_in_Toulouse_9023_-_January_2011.jpg?resize=768%2C1152&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/claire-jannot.com\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/800px-James_Ellroy_in_Toulouse_9023_-_January_2011.jpg?w=800&amp;ssl=1 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 274px) 100vw, 274px\" \/><figcaption>James Ellroy \u00e0 Toulouse en 2011<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Dans <strong>Le Temps des \u00e9crivains<\/strong> une \u00e9mission sp\u00e9ciale avec quelqu\u2019un qui vient de traverser l\u2019Atlantique pour nous parler de son nouveau livre consacr\u00e9, comme toujours, \u00e0 une ville, qui est davantage qu\u2019une ville, mais un puissant univers romanesque. Inond\u00e9e de soleil le jour, peupl\u00e9e de d\u00e9mons la nuit, telle est Los Angeles, dont notre invit\u00e9 a fait, depuis bien des ann\u00e9es, le c\u0153ur de sa cr\u00e9ation. Surnomm\u00e9 par lui-m\u00eame \u00ab le chien fou de la litt\u00e9rature am\u00e9ricaine \u00bb, et par Joyce Carol Oates <strong>\u00ab le Dosto\u00efevski am\u00e9ricain \u00bb<\/strong>, James Ellroy est notre invit\u00e9 ce samedi. <\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Femmes fatales et ciel z\u00e9br\u00e9 d\u2019\u00e9clairs<\/h2>\n\n\n\n<p>James Ellroy publie donc un nouveau livre, \u00ab This Storm \u00bb en anglais, \u00ab La Temp\u00eate qui vient \u00bb, en fran\u00e7ais (chez Rivages), deuxi\u00e8me tome de votre nouveau <strong>\u00ab Quatuor de Los Angeles \u00bb<\/strong>. Rappelons \u00e0 celles et ceux qui auraient en effet hibern\u00e9 depuis trente ans que le premier \u00ab Quatuor \u00bb, qui couvrait douze ans de l\u2019histoire am\u00e9ricaine de l\u2019apr\u00e8s deuxi\u00e8me guerre mondiale, de 1946 \u00e0 1958, \u00e9tait compos\u00e9 du <strong>\u00ab Dahlia Noir \u00bb, du \u00ab Grand Nulle Part \u00bb, de \u00ab LA Confidential \u00bb et de \u00ab White Jazz \u00bb<\/strong>. Autant de romans qui l\u2019ont propuls\u00e9 au pinacle du roman noir, dont il a red\u00e9fini les codes. Ce Quatuor \u00e9tait centr\u00e9 autour d\u2019une s\u00e9rie de meurtres, d\u2019enqu\u00eates, d\u2019histoires de corruption impliquant des personnages ambigus, policiers de Los Angeles et homme de Loi pourris, vedettes de cin\u00e9ma \u00e0 la ramasse, femmes fatales parfois assassin\u00e9es, bref, une pl\u00e9iade d\u2019individus dessinant des constellations sophistiqu\u00e9es dans un ciel romanesque obscur z\u00e9br\u00e9 d\u2019\u00e9clairs, ce qui a fait dire \u00e0 l\u2019\u00e9diteur fran\u00e7ais d\u2019Ellroy, Fran\u00e7ois Guerif, \u00a0qu\u2019\u00e0 l\u2019instar de Balzac, Ellroy avait compos\u00e9 une \u00ab com\u00e9die humaine \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Faire concurrence \u00e0 l\u2019Etat civil&nbsp;?&nbsp;<\/h2>\n\n\n\n<p>Nous interrogeons d\u2019abord Ellroy sur cette comparaison. Se sent-il quelques points communs avec celui qui voulait faire ce qu\u2019il appelait <strong>\u00ab\u00a0une histoire naturelle de la soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb<\/strong>, et \u00ab\u00a0faire concurrence \u00e0 l&rsquo;Etat civil\u00a0\u00bb, en inventant un monde fictif, fort de plus de deux mille personnages appartenant \u00e0 toutes les classes sociales de l&rsquo;\u00e9poque, la p\u00e8gre, les courtisanes, l\u2019aristocratie, la banque\u00a0? Et concevait son projet romanesque comme une \u00ab\u00a0contribution \u00e0 la connaissance et \u00e0 la compr\u00e9hension d&rsquo;une \u00e9poque\u00a0\u00bb\u00a0?\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab\u00a0J\u2019aurai port\u00e9 une soci\u00e9t\u00e9 tout enti\u00e8re dans ma t\u00eate\u00a0\u00bb disait encore Balzac.<\/strong> N\u2019est-ce pas le cas avec tous ces personnages qui habitent dans la t\u00eate de James Ellroy\u00a0? Le sergent Elmer Jackson, l\u2019expert m\u00e9dicol\u00e9gal Hideo Ashida, Claire de Haven, Kay Lake, ou le fameux \u00ab\u00a0Dudster\u00a0\u00bb, le sergent Dudley Smith, \u00e0 nouveau \u00e0 l\u2019honneur dans \u00ab\u00a0La Temp\u00eate qui vient\u00a0\u00bb\u00a0? Quel rapport entretient-il avec eux, pour les faire revenir ainsi dans ces romans\u00a0? Et de plus en plus jeunes\u00a0?\u00a0<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Morale tourment\u00e9e<\/h2>\n\n\n\n<p>Car ce nouveau \u00ab&nbsp;Quatuor&nbsp;\u00bb, dont \u00ab&nbsp;La Temp\u00eate qui vient&nbsp;\u00bb marque le second tome apr\u00e8s \u00ab&nbsp;Perfidia&nbsp;\u00bb, se d\u00e9roule avant le premier \u00ab&nbsp;Quatuor&nbsp;\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019histoire commence le 31 d\u00e9cembre 1941, quelques semaines apr\u00e8s Pearl Harbor. La guerre avec le Japon a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e, l\u2019internement des citoyens am\u00e9ricains d\u2019origine japonaise bat son plein, Los Angeles est la proie de pluies torrentielles, et le sergent Dudley Smith se livre avec Claire de Haven, \u00e0 un lucratif trafic de drogue tout en travaillant avec les services secrets. En \u00e9tant,&nbsp;<em>last but not least<\/em>, de plus en plus attir\u00e9 par un tr\u00e8s beau personnage de femme, Kay Lake, pr\u00e9sente dans \u00ab&nbsp;Le Dahlia Noir&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;Perfidia&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Ce nouveau roman va raconter l\u2019affrontement entre le corrompu Dudley Smith et Bill Parker, catholique \u00e0 la morale tourment\u00e9e, dans une Am\u00e9rique en chaos, raciste, antis\u00e9mite et parano, terrifi\u00e9e par la pr\u00e9sence d&rsquo;une \u00ab&nbsp;cinqui\u00e8me colonne&nbsp;\u00bb ennemie. Il y est question aussi de la d\u00e9couverte d\u2019un cadavre d\u00e9couvert apr\u00e8s un glissement de terrain. Un cadavre qui remonte aux ann\u00e9es 30 et \u00e0 un magot qui continue \u00e0 d\u00e9chainer les convoitises. Comme toujours chez Ellroy, il faut se pr\u00e9parer pour plonger, une nouvelle fois, dans une sorte de marigot m\u00ealant la petite et la grande Histoire, et suivre, surtout, les mille et uns fils qui unissent ses personnages se d\u00e9battant dans mille intrigues polici\u00e8res et humaines influenc\u00e9es par les \u00e9v\u00e9nements de la p\u00e9riode et leur rencontre avec des personnages r\u00e9els comme Orson Welles ou Otto Klemperer, William H. Parker.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Charlie Parker et Beethoven<\/h2>\n\n\n\n<p>James Ellroy est venu avec ses choix musicaux. Beethoven, Charlie Parker. On les \u00e9coute, et on parle de ce nouveau livre, de ses obsessions, sa qu\u00eate de la r\u00e9demption, et sa m\u00e9thode pour, comme il le disait dans \u00ab\u00a0Perfidia\u00a0\u00bb, <strong>sortir de notre \u00e9poque pour investir son royaume romanesque\u00a0: \u00ab\u00a0Fais comme les petits singes bouche-toi les oreilles, bouche-toi les yeux. Efface ce putain de monde ext\u00e9rieur\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>\u00ab\u00a0Si je veux l\u2019amour des critiques, l\u2019amour des lecteurs, l\u2019amour des libraires, il me faut venir en France ! car c\u2019est l\u00e0 qu\u2019il y a des gens qui tentent de comprendre les livres. Et c\u2019est l\u00e0 qu\u2019ils vivent. C\u2019est l\u2019Europe mais plus sp\u00e9cifiquement la France. C\u2019est le lieu o\u00f9 rentre profond\u00e9ment l\u2019amour des gens pour le film noir, le roman noir<\/strong><\/em><strong>.\u00bb J.E.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Source : France Culture  <br><a href=\"https:\/\/twitter.com\/C_Ono_dit_Biot\"><strong>Ch. Ono-dit-Biot&#x2714;<\/strong>@C_Ono_dit_Biot<\/a> <\/p>\n\n\n\n<p>Cr\u00e9dit photo : By Guillaume Paumier &#8211; Own work, CC BY 3.0, https:\/\/commons.wikimedia.org\/w\/index.php?curid=12840514<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;\u00e9crivain am\u00e9ricain, qui vient de publier \u00ab\u00a0La Temp\u00eate qui vient\u00a0\u00bb, qui se d\u00e9roule apr\u00e8s Pearl Harbor dans une Am\u00e9rique en chaos, raciste, antis\u00e9mite et parano, terrifi\u00e9e par la pr\u00e9sence d&rsquo;une \u00ab cinqui\u00e8me colonne \u00bb ennemie. 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